Le chemin est une force

Il n’est pas débonnaire, il nous saisit, nous façonne.

Il est une religion, une échéance de culture, une entraide, de la compassion, de la joie,  de l’abnégation  parfois, de la complicité souvent.

L’effort personnel, mais commun à tous les pèlerins nous rassemble.

C’est un partage universel des émotions que procure la marche, avec ses joies, ses peines.

Des rencontres, des sourires, des grimaces aussi, des pas hésitants parfois, appuyés par le geste du Bourdon sur lequel on ce repose.

C`est toujours à la fin que l’on apprécie les choses, mais les apprécions nous  vraiment, comme nous le devrions pour chaque jour de notre vie.

Car quelle que soit la douleur que ce chemin  procure, il y a toujours de jolis paysages, des gens souriants et de l’espoir.

Malgré la douleur du mouvement, les conséquences du chemin entrepris et les impératifs qui y sont liés, le chemin est beau, parsemé de moments intenses, de lever de soleil et d’aube naissantes…..comme la vie

Philosophie de l’existence

Il nous faut chercher la cohérence entre notre corps et notre univers intérieur.

Ne pas rester englué dans une image identitaire illusoire.

Accepter d’être soi, et non pas celui que nous aimerions être.

Que nous ne soyons pas le maître du jeu, mais seulement un participant.

La vie n’a rien de linéaire, et l’on se doit d’accepter que le passage, même douloureux vers un autre horizon, peut nous conduire vers un mieux

Faire confiance en la vie

FIDELE

C’est dans son regard que la notion d’abnégation et d’amour prend pleine signification.

La rencontre de deux êtres, le partage de deux vies défaites qui ensemble se relèvent.

Ce sont les émotions véhiculées par la voix qui nous lie au delà d’un seuil de compréhension humaine.

Témoin fidèle et muet d’une vie pesante et solitaire, il joue le rôle d’exutoire affectif.

Il est le reflet de notre vie et par conséquent de notre moi.

Et si souvent je lui montre la voie……. c’est lui qui me guide !!!

Respectons…..le respect

La difficulté dans les relations humaine, est en fait la préservation de sa propre identité, sans porter préjudice à celle de l’autre et surtout dans l’esprit de construire une relation d’échange, sans forcément avoir les mêmes aspirations, les mêmes plans, bien qu’au départ –  le but  – soi identique.

Nous avons en nous trois personnes distinctes qui s’opposent et nous devons réussir à unifier ces trois personnes pour qu’elles correspondent en une entité représentative de chacune des trois.

Il y a la personne que nous sommes au plus profond de nous-mêmes, issue d’un part d’un patrimoine génétique et de notre vécu en tant qu’enfant et adolescent.

Il y a la personne que nous aimerions être, celle que nous nous façonnons, face à l’image que nous voulons donner ,soit pour nous préserver  d’un passé douloureux, soit par manque d’acceptation de notre moi profond.

Et puis il y a celui que les autres aimeraient que nous soyons, à travers leurs regards, leurs perceptions de notre personnalité apparente et par conséquent fausse.

Arriver à vivre en harmonie avec soi même, c’est trouver la sagesse de se définir honnêtement sans compromis sans complaisances

De la même manière trois paramètres interviennent dans une relation, et la difficulté est, de réunir dans un accord parfait, si possible était, ces trois paramètres qui, s’ils sont indépendants les uns aux autres n’en sont pas moins liés par des paramètres relationnels qui les influencent mutuellement et par conséquent augmentent la difficulté et la  compréhension de chacun.

Il y a en nous le côté intellectuel qui permet une analyse de nos relations aux travers de difficultés précises  et la gestion de ces difficultés par des solutions terre à terre au-delà de tout raisonnement sentimental ou émotionnel.

Il y a aussi le côté sentimental, et les souffrances liées à ces sentiments qui sont généralement issues d’une attirance soit physique, soit émotionnel, voire intellectuelle.

Et puis il y a les émotions, engendrées par un vécu, un passé déjà douloureux, ou par des craintes, des angoisses irrationnelles concernant les autres, dont on cherche à se préserver.

La difficulté est en fait que, bien qu’indépendant, ces paramètres risquent d’avoir une influence indirecte  les uns sur les autres, il paraît donc difficile, de trouver la solution à un conflit si l’on cherche à l’expliquer soit de manière intellectuelle, sentimentale ou émotionnelle mais tout aussi difficile de les dissocier.

Lorsque nous aurons réussi à lier ces trois paramètres sans qu’ils ne s’annulent mutuellement, la porte du bonheur ne sera plus très loin, pour autant que nous acceptions que l’autre, aie-lui aussi le même chemin à suivre, mais peut être à une allure différent, en rapport avec sa  propre personnalité, donc  différente de la nôtre.

Le Chemin !!

Nostalgie, Emotion, plus de mille kilomètres plus loin et 26 jours de marche, que de souvenirs, d’émotions.

Ici un chemin caillouteux, la un paysage, des rencontres, des sourires, des grimaces aussi, ces pas hésitants parfois, ce geste du bourbon en signe de salut,créant un lien avec l’autre, sans pour autant le connaitre, le regard fatigué mais complice.

Ces bornes jacquaires que l’on cherche, les panneaux du Camino omniprésents, eux, nous les pèlerins, les Saunterer.

Ais-je manqué quelque chose ? ais-je suffisamment profité de ces instants de grâce ???

En regardant en arrière, je ne vois que les contours d’un chemin imprécis qui me réclame!!

C’est toujours à la fin que l’on apprécie les choses, et je doute avoir pleinement apprécie ce périple à sa juste valeur, mais le peu t’on ??.

Nous devrions apprécier chaque jour de notre vie comme un chemin parcourue sur le Camino.

Quelle que soit la douleur que ce chemin nous procure, il y a toujours de beaux paysages, des gens souriants et malgré la douleur du mouvement,les conséquences du chemin entrepris et les impératifs qui lui sont liés, le chemin est beau, parsemé de moments intenses, de lever de soleil somptueux et d’aube naissantes.

Le Chemin est une religion en soi,un échange de culture, de la compassion, de la joie, de l’abnégation parfois, de la complicité souvent.

L’effort personnel,mais commun à tous nous rassemble , c’est un partage universel d’émotions.

Des mots, sur des maux

Vivre une vie qui ne nous ressemble pas, tout en faisant semblant d’y croire.

Ressentir un profond sentiment de solitude et d’incompréhension.

Une intense nécessité de réponses

Des émotions débordantes, créant une turbulence émotionnelle

Faire avec, ou lutter contre cette émotivité

Hésiter face aux multiples réponses, au point de ne jamais pouvoir s’arrêter sur une certitude

Cette lucidité exacerbée sur le monde qui nous entoure, nous amenant à une souffrance affective, nous refusant ainsi de nous réfugier dans une sérénité intérieure salvatrice.

La Libération au fil des pas

Le marcheur bouge beaucoup pour demeurer sur place en pensée, il va lentement pour retrouver une certaine rapidité, la lenteur nous restitue la proximité du dépaysement continu de nos pensées.

 Le marcheur cherche à fuir cette paresse du sédentaire.

Que cela soit, sur les chemins de randonnés, les sentiers escarpés de montagne ou les plaines désertiques, il voyage non pas pour aller quelque part, mais pour simplement marcher.

Nul religiosité, aucune recherche métaphysique, si l’on se  soumet aux exigences de la marche et marchons  assez longtemps,  la tranquillité de l’âme vient par la contemplation et le détachement de soi, pour s’ordonner aux  paysages traversés.

Le renouveau se fait par la continuité de notre errance,

 Tel le Juif errant, qui, éternellement  est condamné à aller de l’avant.  

Asphyxie Émotionnelle

Non pas comme une douleur vive, mais plutôt comme une sensation qui vient du plus profond de soi, et qui s’amplifie avec le temps qui passe, sournoisement, inexorablement, et dont, malheureusement on s’accommode 

Issue de vieux fantômes, d’un rejet de son enfance et/ou de son passé, issue de déchirements mal cicatrisés, d’un parcours jalonné de souffrance et dont chacune a laisser des traces et fassent resurgir l’espoir d’un point final.
Espérer au fil des jours,  le point final de ces doutes, de ces angoisses, qui à travers l’amour que l’on cherche, nous ferait oublier ce monde intérieur, et que nous pourrions  enfin chasser les démons qui hantent nos nuits, et les craintes qui peuplent nos vies.

S’apercevoir que nos vies sont un échec, sur bien des plans est une réflexion difficile à accepter et dont la prise de conscience et progressive et douloureuse.
De jour en jour les doutes s’installent, les angoisses d’un avenir des plus incertains nous hantent, les habitudes elles mêmes, apparentées souvent  comme complicité en temps normal deviennent une lassitude.

L’asphyxie émotionnelle
Seule  la délivrance  apparaît au travers de nos pensées vagabondes.
On rêve, on extrapole, on espère, puis on redoute ces pensées, qui nous réchauffent le cœur, et nous font vivre dans l’imaginaire la vie qui nous fait défaut.

Le courage nous manque, pour emprunter les traces de nos pensées imaginaires et ainsi affirmer notre malaise de vivre, ou peut-être est ce la responsabilité que l’on a de respecter au delà de tous les engagements pris.

Apanage du marcheur.

Les souliers et le bâton……pardon, le Bourdon !!

Bien qu’ils aient perdu de leur utilités en tant que telle, et remplacer par des artifices

Sportif, ils nous rappellent le langage corporelle de ses pèlerins, ses  mendiants, ses ermites.
Il nous permet de rétablir l’équilibre, il allège le poids, divise l’effort.

Il est un compagnon, un protecteur, un soutien.
Il vous précède dans les montées, il devance et tâte le terrain en descendant.

Les souliers quant à eux, sont les auxiliaires du marcheur, ils s’interposent  aux imperfections du terrain.
Ils nous lient à cette terre, nous menant au bout de nos rêves, nous soutiennent lorsque le poids de la vie nous pèse.